Statut
Département et région d'outre-mer (
DROM) français. La Réunion constitue à la fois
un département et une région, avec deux assemblées locales distinctes.
INFO :
En 1946, lorsque quatre colonies françaises (La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane) furent
intégrées au sytème et au territoire national français en tant que "Départements d'Outre-Mer", le sigle "DOM" a été
naturellement adopté pour les désigner. Malgré l'accès au statut de "Région", "DOM" a continué de les désigner
jusqu'en 2003 ou le sigle fut alors remplacé par "DROM" (intégrant l'idée de régionalisation) qui est plus précis.
Les outremers français jusque-là désignés comme "DOM-TOM", sont à présent désignés comme "DROM-COM".
Au niveau de l'Union Européenne, La Réunion est une
région ultrapériphérique (RUP) : elle fait pleinement
partie de l'UE, tout en pouvant bénéficier de mesures spécifiques adaptées à ses contraintes ultramarines.
Superficie
2 504 km² (référence Insee / IGN).
Situation
Sud-ouest de l'océan Indien, dans l'hémisphère Sud, vers 21° S et 55°30' E (zone subtropicale).
Elle appartient à l'archipel des Mascareignes (avec les îles Maurice et Rodrigues).
Île volcanique et montagneuse, elle mesure environ 70 km dans sa plus grande longueur. Elle se compose de deux massifs
conjoints issus de l'activité de deux volcans. Le "Piton des Neiges" (volcan endormi depuis plus de 12 000 ans)
culmine à 3 070 mètres d'altitude. Le "Piton de la Fournaise" (volcan en activité régulière) culmine à 2 632 mètres
d'altitude.
Chef-lieu
Saint-Denis.
Unité monétaire
Euro (€) - (depuis le 1er janvier 2002).
Numéro de département
974
(97 = outre-mer / 4 = La Réunion).
Gentilé
Réunionnais / Réunionnaise.
(angl. Reunionese)
ccTLD
DOMAINE DE PREMIER NIVEAU NATIONAL (extension web) :
.re / .fr
Population
910 985 habitants au 1er janvier 2026 — estimation de population publiée par l'Insee le 13 janvier 2026.
Climat
Classé
Tropical humide, fortement modulé par le relief, l'altitude et les alizés (microclimats).
DEUX GRANDES SAISONS :
D'une part l'été austral (une saison chaude et pluvieuse intégrant une saison cyclonique) de décembre à
avril, avec une température minimale moyenne (nuit) autour de 23°C et une tempértaure maximale moyenne (jour)
autour de 31°C (ressenti décuplé par l'humidité de l'air autour des 40°C).
D'autre part, l'hiver austral (une saison fraiche et sèche) de juin à octobre, avec une température minimale
moyenne (nuit) autour de 17°C et une tempértaure maximale moyenne (jour) autour de 26°C.
Hors des moyennes, la température la plus haute enregistrée en été austral (à la "Pointe des Trois-Bassins") est
montée en 2019 à 37°C à l'ombre (ressenti 45°C), tandis que la température la plus froide enregistrée en hiver
austral (au "Pas-de-Bellecombe-Jacob") est descendue à -5°C.
Les mois d'avril et de novembre sont des mois de transition, des périodes trop courtes et évoluant trop rapidement
pour être des saisons à part entrière (donc absence de printemps austral et d'automne austral), couramment
désignées comme étant des "intersaisons".
COMMUNAUTÉS
—
Créoles blancs (descendants des premiers colons français) :
- Blancs de "grande famille" (cr. "Gro blan")
- Blancs modestes des hauteurs (cr. "Yab")
—
Créoles noirs (descendants d'anciens esclaves libérés et de l'immigration africaine/malgache) (cr. "Kaf")
—
Créoles indiens (descendants de l'immmigration indienne pendant "l'engagisme") :
- Les "Hindous" (cr. "Malbar")
- Les "Indo-musulmans" (cr. "Zarab")
—
Créoles chinois (descendants de l'immigration asiatique pendant "l'engagisme" ou la fuite de régimes dictatoriaux) (cr. "Chinwa / Sinwa")
—
Français Hexagonaux (Français venus de l'Hexagone plus ou moins installés recemment) :
- Ceux qui ne sont pas nés sur l'île : "Métropolitains" (cr. "Zorey")
- Ceux qui sont nés sur l'île ou issus d'un métissage direct : "Créopolitains" (cr. "Zoréol")
—
De l'archipel des Comores :
- Mahorais (cr. "Maoré")
- Immigrés de la République des Comores (cr. "Komor")
—
Autres (minorités) :
- Malgaches (ou "Malgas")
- Indo-musulmans venus de Madagascar (ou "Karanes")
- Juifs sépharades hexagonaux ou d'autres origines (ou "Juifs")
- Arabes divers originaires du Maghreb (ou "Arabes")
- Créoles mauritiens (ou "Morisyin")
- Diverses personnes installées originaires de pays de l'U.E.
À RETENIR :
Le repli communautaire (ethnique ou culturel) n'existe plus sur l'île depuis longtemps. La culture réunionnaise considère ce brassage
culturel comme une richesse caractéristique de son identité insulaire. L'attachement à l'île, l'intégration au fond commun (agrémenté de l'ajout
de ce qui lui est propre) dans une identité réunionnaise assumée ("créolité") définit un sentiment régional commun très fort qui transforme
toutes ces origines et cultures en éléments complémentaires de ce qui est appelé "le peuple réunionnais". Il peut y avoir des frictions de la
part de Réunionnais envers des "installés récemment" (parfois marqués de leurs origines géographiques/culturelles), mais uniquement dans la
mesure où ces personnes manqueraient caractéristiquement de respect pour la "créolité" commune et tenteraient d'imposer leur culture/religion à
la société réunionnaise. Mais le Réunionnais fait la différence entre l'attitude de ces personnes "issues de telle ou telle nouvelle communauté"
et la "communauté" elle-même où s'inscrivent des personnes respectueuses et "intégrées" ou "en cours d'intégration" à la "créolité" réunionnaise. Pour finir,
il est à noter que le métissage est régulier et encouragé sur l'île. De nombreux Réunionnais s'inscrivent par leur généalogie dans deux ou plusieurs
communautés à la fois, portant parfois physiquement l'expression de ce métissage perçu communément comme une "richesse".
LANGUES
— LANGUE OFFICIELLE :
Français
— LANGUE RÉGIONALE COMMUNE :
Créole réunionnais
AUTRES LANGUES PRÉSENTES TRADITIONNELLEMENT :
- Tamoul (langue indienne traditionnelle majoritaire de la communauté hindoue)
- Télougou et Bhodjpouri (langues indiennes traditionnelles minoritaires de la communauté hindoue)
- Gujarati (langue indienne traditionnelle de la communauté indo-musulmane)
- Hakka (langue chinoise traditionnelle majoritaire de la communauté chinoise)
- Cantonnais (langue chinoise traditionnelle minoritaire de la communauté chinoise)
AUTRES LANGUES PRÉSENTES ET CIRCONSTANCIÉES :
Malgache, Chinois (Mandarin), Arabe, Créole mauricien et Shimaoré.
Principales religions présentes
— CHRISTIANISME (catholicisme romain et protestantisme/évangélisme)
— HINDOUISME (culte tamoul)
— ISLAM (sunisme et chiisme)
— "RELIGION CHINOISE" (syncrétisme taoïste/confucianiste/bouddhiste)
— Divers autres mouvements religieux minoritaires
À RETENIR :
Le brassage de population qui a mené à la composition actuelle du peuple réunionnais explique la présence sur l'île
de ces religions si diverses et différentes. Cependant, contrairement à l'Hexagone, le repli communautaire religieux
n'existe plus sur l'île depuis longtemps. La culture réunionnaise admet la présence et le droit d'expression de chacune d'entre
elles, dans un respect et une tolérance qui fait naturellement partie du tempérament local.
FÊTE RÉGIONALE
(date fériée)
20 DÉCEMBRE :
"FÊTE DE LA LIBERTÉ" /
"FÈT KAF" :Commémoration de l'abolition de l'esclavage.
ORIGINE :
Au 19ème siècle naissant, "l'île Bourbon" (La Réunion) était enfermée dans le système de l'esclavage des noirs, codifié par le "code Noir"
(décrété par le roi Louis XIV). Des dizaines de milliers de personnes amenées de Madagascar et d'Afrique occidentale y vivaient privées
de liberté et comme si elles étaient la propriété privée de leurs "maîtres".
Suite à la révolution française de 1848, le Sous-Secrétaire d'État aux Colonies de la Deuxième République, Victor SCŒLCHER (1804-1893),
fit signer le décret définitif de l'abolition de l'esclavage pour la France le 27 avril 1848. Pour faire appliquer ce décret à La Réunion, un
Commissaire général de la République, Joseph GARRIGA dit "Sarda-Garriga" (1808-1877), y fut envoyé. Sur la "place du Barachois"
(dans la capitale coloniale Saint-Denis), il proclama "l'abolition de l'esclavage" sur l'île, libérant instantanément plus de 62 000
personnes de couleur qui reçurent le statut de citoyens coloniaux français.
L'abolition de l'esclavage amena plusieurs conséquences majeures :
1. PLAN HUMAIN : Naissance d'une nouvelle société réunionnaise, faisant face à son Histoire avec de plus en plus de réflexion et de résilence
avec le temps.
2. PLAN ÉCONOMIQUE : Pour remplacer les esclaves dans les plantations par des travailleurs rémunérés, on fit venir des centaines de milliers
de travailleurs indiens, africains et asiatiques qui reçurent le statut de citoyens coloniaux français, diversifiant davantage la population.
3. PLAN CULTUREL : Le brassage culturel jeta les bases de l'identité définitive des Réunionnais (la "créolité") : un peuple uni dans la diversité,
métissant la culture et les lignées, promouvant le "vivre-ensemble".
En 1983, l'Etat français reconnut le "20 décembre" comme la "fête régionale" de La Réunion et la rendit fériée sur le territoire. Appelée
officiellement "Commémoration de l'abolition de l'esclavage", elle est souvent appelée en créole "Fèt Kaf" (c'est-à-dire la fête des "Kafs",
communauté créole noire de l'île descendante des anciens esclaves), mais son nom plus universel est "FÊTE DE LA LIBERTÉ". Car elle raisonne comme
l'accès à la "liberté" pour les anciens esclaves, mais aussi la "liberté" des anciens maîtres d'un système criminel inculqué dès l'enfance comme
étant naturel. L'idée de "liberté" guide le développement de la culture réunionnaise depuis 1848 et reste une notion centrale.