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ÎLE DE LA RÉUNION

FICHE DE PRÉSENTATION

Terre volcanique posée sur l'océan Indien, où la majesté des cirques verdoyants flirte avec la puissance du Piton de la Fournaise, et où les plages de sable blanc, noir et doré succèdent aux forêts tropicales, ce joyau français de l'hémisphère sud décline un modèle unique de vivre-ensemble, une culture créole propre et vibrante, ainsi qu'une histoire d'une incroyable profondeur. Ici vous en apprendez un peu plus sur la réalité de celle qui est surnomée "l'île intense".

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

La Réunion est une île française de l'océan Indien, à la fois petite par sa superficie et spectaculaire par la variété de ses paysages. Née de l'activité volcanique, elle est dominée par deux grands massifs : le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise. Trois grands cirques — Mafate, Cilaos et Salazie — entaillent profondément le relief intérieur.

Son peuplement permanent est relativement récent : l'île était inhabitée avant l'installation française. Au fil des siècles, des populations venues notamment de Madagascar, d'Afrique, d'Europe, d'Inde, de Chine et d'autres régions de l'océan Indien ont participé à la formation de la société réunionnaise. Cette histoire se retrouve aujourd'hui dans les langues, les pratiques culturelles, les religions, les cuisines, les architectures et les traditions de l'île.

La Réunion est aujourd'hui pleinement intégrée à la République française et à l'Union européenne, tout en occupant une position géographique très éloignée du continent européen. Cette double réalité — territoire français et européen, mais situé dans l'océan Indien — explique une partie de ses particularités administratives, économiques et réglementaires.

FICHE D'IDENTITÉ

Statut
Département et région d'outre-mer (DROM) français. La Réunion constitue à la fois un département et une région, avec deux assemblées locales distinctes.
INFO :
En 1946, lorsque quatre colonies françaises (La Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane) furent intégrées au sytème et au territoire national français en tant que "Départements d'Outre-Mer", le sigle "DOM" a été naturellement adopté pour les désigner. Malgré l'accès au statut de "Région", "DOM" a continué de les désigner jusqu'en 2003 ou le sigle fut alors remplacé par "DROM" (intégrant l'idée de régionalisation) qui est plus précis. Les outremers français jusque-là désignés comme "DOM-TOM", sont à présent désignés comme "DROM-COM".


Logo du Conseil Départemental de La Réunion Logo du Conseil Régional de La Réunion


Au niveau de l'Union Européenne, La Réunion est une région ultrapériphérique (RUP) : elle fait pleinement partie de l'UE, tout en pouvant bénéficier de mesures spécifiques adaptées à ses contraintes ultramarines.
Superficie
2 504 km² (référence Insee / IGN).
Situation
Sud-ouest de l'océan Indien, dans l'hémisphère Sud, vers 21° S et 55°30' E (zone subtropicale). Elle appartient à l'archipel des Mascareignes (avec les îles Maurice et Rodrigues).

Île volcanique et montagneuse, elle mesure environ 70 km dans sa plus grande longueur. Elle se compose de deux massifs conjoints issus de l'activité de deux volcans. Le "Piton des Neiges" (volcan endormi depuis plus de 12 000 ans) culmine à 3 070 mètres d'altitude. Le "Piton de la Fournaise" (volcan en activité régulière) culmine à 2 632 mètres d'altitude.
Chef-lieu
Saint-Denis.
Unité monétaire
Euro (€) - (depuis le 1er janvier 2002).
Numéro de département
974
(97 = outre-mer / 4 = La Réunion).
Gentilé
Réunionnais / Réunionnaise.
(angl. Reunionese)
ccTLD
DOMAINE DE PREMIER NIVEAU NATIONAL (extension web) :
.re / .fr
Population
910 985 habitants au 1er janvier 2026 — estimation de population publiée par l'Insee le 13 janvier 2026.
Climat
Classé Tropical humide, fortement modulé par le relief, l'altitude et les alizés (microclimats).
DEUX GRANDES SAISONS :
D'une part l'été austral (une saison chaude et pluvieuse intégrant une saison cyclonique) de décembre à avril, avec une température minimale moyenne (nuit) autour de 23°C et une tempértaure maximale moyenne (jour) autour de 31°C (ressenti décuplé par l'humidité de l'air autour des 40°C).

D'autre part, l'hiver austral (une saison fraiche et sèche) de juin à octobre, avec une température minimale moyenne (nuit) autour de 17°C et une tempértaure maximale moyenne (jour) autour de 26°C.

Hors des moyennes, la température la plus haute enregistrée en été austral (à la "Pointe des Trois-Bassins") est montée en 2019 à 37°C à l'ombre (ressenti 45°C), tandis que la température la plus froide enregistrée en hiver austral (au "Pas-de-Bellecombe-Jacob") est descendue à -5°C.

Les mois d'avril et de novembre sont des mois de transition, des périodes trop courtes et évoluant trop rapidement pour être des saisons à part entrière (donc absence de printemps austral et d'automne austral), couramment désignées comme étant des "intersaisons".
COMMUNAUTÉS
— Créoles blancs (descendants des premiers colons français) :
- Blancs de "grande famille" (cr. "Gro blan")
- Blancs modestes des hauteurs (cr. "Yab")

— Créoles noirs (descendants d'anciens esclaves libérés et de l'immigration africaine/malgache) (cr. "Kaf")

— Créoles indiens (descendants de l'immmigration indienne pendant "l'engagisme") :
- Les "Hindous" (cr. "Malbar")
- Les "Indo-musulmans" (cr. "Zarab")

— Créoles chinois (descendants de l'immigration asiatique pendant "l'engagisme" ou la fuite de régimes dictatoriaux) (cr. "Chinwa / Sinwa")

— Français Hexagonaux (Français venus de l'Hexagone plus ou moins installés recemment) :
- Ceux qui ne sont pas nés sur l'île : "Métropolitains" (cr. "Zorey")
- Ceux qui sont nés sur l'île ou issus d'un métissage direct : "Créopolitains" (cr. "Zoréol")

— De l'archipel des Comores :
- Mahorais (cr. "Maoré")
- Immigrés de la République des Comores (cr. "Komor")

— Autres (minorités) :
- Malgaches (ou "Malgas")
- Indo-musulmans venus de Madagascar (ou "Karanes")
- Juifs sépharades hexagonaux ou d'autres origines (ou "Juifs")
- Arabes divers originaires du Maghreb (ou "Arabes")
- Créoles mauritiens (ou "Morisyin")
- Diverses personnes installées originaires de pays de l'U.E.
À RETENIR :
Le repli communautaire (ethnique ou culturel) n'existe plus sur l'île depuis longtemps. La culture réunionnaise considère ce brassage culturel comme une richesse caractéristique de son identité insulaire. L'attachement à l'île, l'intégration au fond commun (agrémenté de l'ajout de ce qui lui est propre) dans une identité réunionnaise assumée ("créolité") définit un sentiment régional commun très fort qui transforme toutes ces origines et cultures en éléments complémentaires de ce qui est appelé "le peuple réunionnais". Il peut y avoir des frictions de la part de Réunionnais envers des "installés récemment" (parfois marqués de leurs origines géographiques/culturelles), mais uniquement dans la mesure où ces personnes manqueraient caractéristiquement de respect pour la "créolité" commune et tenteraient d'imposer leur culture/religion à la société réunionnaise. Mais le Réunionnais fait la différence entre l'attitude de ces personnes "issues de telle ou telle nouvelle communauté" et la "communauté" elle-même où s'inscrivent des personnes respectueuses et "intégrées" ou "en cours d'intégration" à la "créolité" réunionnaise. Pour finir, il est à noter que le métissage est régulier et encouragé sur l'île. De nombreux Réunionnais s'inscrivent par leur généalogie dans deux ou plusieurs communautés à la fois, portant parfois physiquement l'expression de ce métissage perçu communément comme une "richesse".
LANGUES
— LANGUE OFFICIELLE : Français
— LANGUE RÉGIONALE COMMUNE : Créole réunionnais
AUTRES LANGUES PRÉSENTES TRADITIONNELLEMENT :
- Tamoul (langue indienne traditionnelle majoritaire de la communauté hindoue)
- Télougou et Bhodjpouri (langues indiennes traditionnelles minoritaires de la communauté hindoue)
- Gujarati (langue indienne traditionnelle de la communauté indo-musulmane)
- Hakka (langue chinoise traditionnelle majoritaire de la communauté chinoise)
- Cantonnais (langue chinoise traditionnelle minoritaire de la communauté chinoise)

AUTRES LANGUES PRÉSENTES ET CIRCONSTANCIÉES :
Malgache, Chinois (Mandarin), Arabe, Créole mauricien et Shimaoré.
Principales religions présentes
— CHRISTIANISME (catholicisme romain et protestantisme/évangélisme)
— HINDOUISME (culte tamoul)
— ISLAM (sunisme et chiisme)
— "RELIGION CHINOISE" (syncrétisme taoïste/confucianiste/bouddhiste)
— Divers autres mouvements religieux minoritaires
À RETENIR :
Le brassage de population qui a mené à la composition actuelle du peuple réunionnais explique la présence sur l'île de ces religions si diverses et différentes. Cependant, contrairement à l'Hexagone, le repli communautaire religieux n'existe plus sur l'île depuis longtemps. La culture réunionnaise admet la présence et le droit d'expression de chacune d'entre elles, dans un respect et une tolérance qui fait naturellement partie du tempérament local.
FÊTE RÉGIONALE
(date fériée)
20 DÉCEMBRE : "FÊTE DE LA LIBERTÉ" / "FÈT KAF" :
Commémoration de l'abolition de l'esclavage.
ORIGINE :
Au 19ème siècle naissant, "l'île Bourbon" (La Réunion) était enfermée dans le système de l'esclavage des noirs, codifié par le "code Noir" (décrété par le roi Louis XIV). Des dizaines de milliers de personnes amenées de Madagascar et d'Afrique occidentale y vivaient privées de liberté et comme si elles étaient la propriété privée de leurs "maîtres".

Suite à la révolution française de 1848, le Sous-Secrétaire d'État aux Colonies de la Deuxième République, Victor SCŒLCHER (1804-1893), fit signer le décret définitif de l'abolition de l'esclavage pour la France le 27 avril 1848. Pour faire appliquer ce décret à La Réunion, un Commissaire général de la République, Joseph GARRIGA dit "Sarda-Garriga" (1808-1877), y fut envoyé. Sur la "place du Barachois" (dans la capitale coloniale Saint-Denis), il proclama "l'abolition de l'esclavage" sur l'île, libérant instantanément plus de 62 000 personnes de couleur qui reçurent le statut de citoyens coloniaux français.

L'abolition de l'esclavage amena plusieurs conséquences majeures :

1. PLAN HUMAIN : Naissance d'une nouvelle société réunionnaise, faisant face à son Histoire avec de plus en plus de réflexion et de résilence avec le temps.

2. PLAN ÉCONOMIQUE : Pour remplacer les esclaves dans les plantations par des travailleurs rémunérés, on fit venir des centaines de milliers de travailleurs indiens, africains et asiatiques qui reçurent le statut de citoyens coloniaux français, diversifiant davantage la population.

3. PLAN CULTUREL : Le brassage culturel jeta les bases de l'identité définitive des Réunionnais (la "créolité") : un peuple uni dans la diversité, métissant la culture et les lignées, promouvant le "vivre-ensemble".

En 1983, l'Etat français reconnut le "20 décembre" comme la "fête régionale" de La Réunion et la rendit fériée sur le territoire. Appelée officiellement "Commémoration de l'abolition de l'esclavage", elle est souvent appelée en créole "Fèt Kaf" (c'est-à-dire la fête des "Kafs", communauté créole noire de l'île descendante des anciens esclaves), mais son nom plus universel est "FÊTE DE LA LIBERTÉ". Car elle raisonne comme l'accès à la "liberté" pour les anciens esclaves, mais aussi la "liberté" des anciens maîtres d'un système criminel inculqué dès l'enfance comme étant naturel. L'idée de "liberté" guide le développement de la culture réunionnaise depuis 1848 et reste une notion centrale.

DRAPEAUX ET ARMOIRIES

L'île de La Réunion étant à la fois une région et un département français, son drapeau national officiel est, à l'image de chaque autre région et département français (autant hexagonaux que d'outre-mer), le drapeau tricolore de la République française. De même, la France étant un membre fondateur de l'Union Européenne, le drapeau de l'UE a, comme partout en France, sa place (obligatoire pour les bâtiments scolaires et d'usage libre pour les mairies et bâtiments des collectivités).

Le tricolore : drapeau de la République française Le drapeau de l'Union Européenne

À partir de là, La Réunion possède son propre drapeau régional (drapeau commun) et deux autres drapeaux (d'usage restreint et ne faisant pas l'unanimité de la population).

DRAPEAU COMMUN
DRAPEAU RÉGIONAL DE LA RÉUNION
LE « VOLCAN RAYONNANT »
(« LO MAHAVÉLI »)


Drapeau de La Réunion


Le "volcan rayonnant" ("Lo Mahaveli") se compose de trois éléments :

1. Un triangle rouge qui représente un volcan (allusion au Piton de la Fournaise, le volcan toujours actif de La Réunion et donc représentatif de l'île qui est un massif volcanique). C'est un symbole de force.

2. Un fond bleu qui représente le ciel (allusion au climat chaud et tropical qui laisse souvent entrevoir un ciel dégagé). C'est un symbole de douceur.

3. Cinq rayons jaunes (allusion aux rayons du soleil tropical, représentatifs des vagues de populations venues composer dans le temps le peuple réunionnais contemporain). C'est un symbole de lumière et de clarté.

ORIGINES :

Il a fallu du temps à l'île de La Réunion pour avoir son drapeau régional représentatif, même s'il ne bénéficie toujours pas d'une reconnaissance officielle par la République française (comme le sont d'autres drapeaux officiellement reconnus par l'État pour d'autres régions françaises).

Il a été dessiné en 1975 par un scientifique réunionnais, le chercheur spacial et ingénieur Guy PIGNOLET (né en 1942), ancien élève de l'École Polytechnique, ancien président du Comité "Éducation de la Fédération Internationale d'Astronautique" et titulaire d'un PhD-AbD obtenu à l'Université de Cornell (États-Unis d'Amérique) en Sciences du Comportement et de l'Organisation. À l'époque, il enseignait les mathématiques et les sciences physiques aux collèges de Sainte-Rose et de Saint-André (La Réunion).

Lorsqu'il l'a dessiné et promu, PIGNOLET lui avait donné le nom français de "volcan rayonnant". C'est un "patriote réunionnais" (indépendantiste) nommé Expédit VIENNE qui lui donna le nom local qui lui est le plus associé localement : "Lo Mahavéli". Ce nom se compose de l'article défini singulier en créole réunionnais ("lo" = le, la), puis de la contraction d'un terme malgache ("mahavel"= beau pays) et d'un terme tamoul ("véli"= étoile de l'aurore). Il se donne alors à comprendre comme signifiant : "l'étoile de l'aurore menant au beau pays".

Ce drapeau n'avait pas été accepté par l'État français dans les années 1970, parce que les autorités préfectorales d'époque craignaient d'y voir le symbole de revendications indépendantistes (peurs alimentées par les propagandes communistes en ce sens). Il a continué d'exister en arrière-plan (et presque invisiblement) pendant 28 ans. Ayant remporté en 2003 un concours organisé par l'Association réunionnaise de vexillologie, il revint en force sur le devant de la scène et s'imposa auprès des Réunionnais comme le drapeau régional, détrônant d'autres candidats qui tentaient de s'imposer. Sa consécration a été renforcée par la reconnaissance unilatérale de certaines communes réunionnaises qui le font flotter aux côtés du drapeau national aux frontons des mairies (comme le chef-lieu, Saint-Denis, qui se prononça en sa faveur le 26 avril 2014).
AUTRES DRAPEAUX
LE DRAPEAU DE L'ADPR

Drapeau de L'ADPR

Un liseret le long de son côté gauche reprend les couleurs du drapeau tricolore français pour affirmer l'appartenance institutionnelle de La Réunion à la France. En son centre un cercle blanc représente l'unité indéfectible du peuple réunionnais. Tout autour, quatre zones de couleur (bleu, orange, rouge et vert) représente les quatre principales composantes communautaires du peuplement de La Réunion.

ORIGINES :
Alors que l'actuel drapeau commun était passé dans l'invisibilité, ce drapeau fut proposé en 1996 par une association culturelle locale appelée "l'ADPR" (Association pour le Drapeau de La Réunion). Bénéficiant d'un certain intérêt sur le moment par les Réunionnais (en mal d'une représentation vexillaire spécifique de leur île), il s'effaça devant le retour en force du "Volcan rayonnant" ("Lo Mahavéli") à partir de 2003 et tomba plus ou moins dans l'oubli.


LE DRAPEAU DU MLK

Drapeau du MLK

Il se compose d'une part de trois bandes horizontales : bleue claire (symbolisant à la fois l'océan Indien et le ciel), verte (symbolisant la végétation, la terre, l'espoir et la liberé) et noire (rendant hommage à la mémoire des ancêtres et à l'histoire de l'esclavage). D'autre part, on y trouve aussi un triangle rouge étiré vers le haut (évoquant le Piton de la Fornaise et l'origine volcanique de l'île). Enfin, on y trouve un cercle jaune (symbolisant le soleil et la lumière).

ORIGINES :
Ce drapeau a été conçu en 1984 par l'association culturelle locale appelée le "MLK" (Mouvman Lantant Koudmin) sous l'impulsion notamment de François SAINT-OMER (1947-2014). Ce dernier, diplômé en linguistique, était un grand promoteur de la langue créole réunionnaise dans l'usage publique de l'île et avait notamment participé à la création du premier dictionnaire français/créole réunionnais. Se présentant surtout au départ comme un drapeau du mouvement pour la reconnaissance et l'usage du créole réunionnais, ce drapeau a ressurgi dès la fin des années 1990 comme un potentiel autre drapeau régional pouvant s'imposer, mais il s'effaça devant le retour en force du "Volcan rayonnant" ("Lo Mahaveli") à partir de 2003. Cependant, il ne tomba pas dans l'oubli et continue d'être de temps à autres utilisé par des associations culturelles locales ou des particuliers, notamment autour de manifestations culturelles spécifiques.
ARMOIRIES & DEVISE
SYMBOLE HÉRALDIQUE DE LA RÉUNION

Drapeau de L'ADPR

Ce blason se compose de :

1. 1er quartier (en haut à gauche) : Représentation de l'île vue du nord, laissant apparaître le Piton de la Fournaise en éruption et le Piton des Neiges surmonté de trois "M", le chiffre romain équivalant à "3 000" et désignant ici l'altiltude maximale du massif.

2. 2ème quartier (en haut à droite) : Un navire du 17ème siècle représentant ceux qui amenèrent sur l'île sa population d'origine (des colons européens et des serviteurs afro-malgaches), et plus particulièrement sans doute le "Saint-Alexis" réputé être le premier d'entre eux à mouiller l'ancre en 1638.

3. 3ème quartier (en bas à gauche) : Trois fleurs de lys représentant l'ancien "Royaume de France" qui colonisa l'île, via la "Compagnie Française des Indes Orientales", avec une allusion probable à la dynastie royale des "Bourbon" (à laquelle appartenait le roi de l'époque Louis XIV) d'où l'île tira son plus ancien nom officiel (et le plus longuement porté avant le nom actuel).

4. 4ème quartier (en bas à droite) : Une toison d'abeilles en or représentant la période où la France était un Empire (le "Premier Empire") sous le règne de Napoléon Ier. Les abeilles étaient le symbole de cet empereur qui donna quelques années son nom à l'île, "Bonaparte", avant qu'elle ne soit temporairement occupée par les troupes anglaises (anti-napoléonniennes).

5. Petit écusson au centre : Reproduit les couleurs du drapeau tricolore français, marqué du sigle "RF" pour "République Française".

6. Un listel, tout en haut : Reproduit l'ancienne devise en latin de la "Compagnie Française des Indes Orientales" (qui géra la colonie de 1664 à 1767) devenue la devise officielle de l'île.

7. Autour du listel et pendant de chaque côté : Une liane de vanille rappellant ce qui fut la première notoriété commerciale mondiale de l'île autour de sa variété de vanille endémique qui reste réputée à ce jour parmi les meilleures qualités de vanille au monde.

ORIGINES :
Les armoiries de La Réunion ont été conçues en 1925 à l'initiative de Joseph Émile MERWART (1869-1960), parfois confondu avec son frère aîné Paul MERWART (célèbre peintre). Ancien gouverneur colonial de la Guadeloupe, du Dahomey, de Côte d'Ivoire et de Guyanne, il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite de haut fonctionnaire colonial en 1918. Cette année-là, il s'installa à l'île de La Réunion où il exerca les fonctions de trésorier payeur général. Collectionneur d'art et héraldiste averti, après avoir créé les armoiries de Cayenne (Guyane), il décida de créer également les armoiries de La Réunion, à l'occasion de l'Exposition coloniale qui se tenait cette année-là dans la ville de "Petite-Île" (La Réunion). Le blason lui-même a été exécuté et peint (dans sa représentation originale) par l'artiste-peintre Laure FERRANDO.

LA DEVISE OFFICIELLE DE LA RÉUNION

- Elle est officiellement en latin : "FLOREBO QUOCUMQUE FERAR"
- Elle se traduit en français : "Je fleurirai partout où je serai porté/planté"
- Elle se traduit en créole réunionnais : "Mwin va fléri partou ousa y aminn/plant amwin "
ORIGINES :

Au départ, il s'agissait de la devise de la "Compagnie Française des Indes Orientales" qui gérait l'île au nom du roi entre 1664 et 1667. Pour cette Compagnie, il s'agissait d'une référence au café et aux épices qu'elle implantait avec succès dans les colonies françaises qu'elles géraient, parmi lesquelles "l'île Bourbon" (La Réunion). Mais avec sa reprise sur les armoiries de La Réunion en 1925, elle devint la devise officielle propre à l'île de La Réunion.

Pourquoi ce choix ? Pour les raisons symboliques suivantes :
- Métaphore végétale : Elle représente la fertilité exceptionnelle de la terre et du peuple réunionnais.
- L'idée d'adaptation et de résilience : Elle symbolise la capacité réunionnaise d'adaptation, de croissance et de prospérité malgré le déracinement.
- L'idée de rayonnement : Elle évoque la fierté et l'influence de la culture réunionnaise capable de briller partout dans le monde.

LES NOMS DE L'ÎLE

Avant les noms officiels : L'île de La Réunion a émergé des eaux il y a 3 millions d'années (période du Pliocène dans l'ère Cénozoïque). Si la végétation et la présence animale l'avait investie très rapidement, l'île est restée des millions d'années complètement vierge de population humaine. Elle fut repérée (notamment par des navigateurs indo-arabes) depuis le 12ème siècle sans jamais être colonisée pour autant. À partir de cette époque, elle fut plus ou moins justement placée sur la carte des navigateurs traversant couramment l'océan Indien sous des noms d'origine diverses : "Dina Morgabine", "Santa Apollonia" et "Mascarin" (dont une autre forme, "Mascareignes", devint ensuite le nom de l'archipel auquel l'île se rattache). Mais ces appelations arbitraires, quoique historiques, ne doivent pas être confondues avec les noms officiels français qu'elle a porté successivement depuis sa colonisation effective.

1649 - 1794
Île Bourbon — Nom donné lors de la dernière prise de possession française en 1649. L'île avait déja été prise par la France à trois autres reprises (1638, 1642 et 1643), mais faute de nom officiel elle était surnormmée "île Mascarin". Son premier nom officiel, "Bourbon", fut choisi par le capitaine du vaisseau, Roger LE BOURG, venu en prendre définitivement possession, en référence à la dynastie royale capétienne des "Bourbon" à laquelle appartenait le roi de France de l'époque, Louis XIV.
1794 - 1806
Île de La Réunion — Suite à la Révolution française (1789), une réunion fut organisée à Paris le 10 août 1792, dans le palais des Tuileries, entre des "fédérés de Marseille" et des "Gardes Nationaux parisiens". Ils décidèrent là de la fin de la monarchie et de la proclamation de la "Première République". Cette réunion importante a ensuite été surnommée par les républicains "La Réunion" (sous-entendue par excellence). Aussi, la République française ne pouvant faire garder à l'île Bourbon un nom faisant référence à la mornarchie déchue, il fut décidé par décret le 19 mars 1793 de lui donner le nom d'île de "La Réunion" pour commémorer cette fameuse réunion républicaine. C'est le 20 février 1794 que la décision fut actée par "l'Assemblée coloniale" de l'île et entra officiellement en vigueur.
1806 - 1810
Île Bonaparte — En 1799, la "Première République" française fit l'objet d'un coup d'État et se réorganisa pour être dirigée sous forme de "Consulat". Le "Consul de France", assurant la présidence du pays avec les pleins pouvoirs, était Napoléon BONAPARTE. En 1804, étant donné que les pleins pouvoirs lui assurait une position clairement monarchique, BONAPARTE décida la fin de la "Première République" et la France entra dans sa période de "Premier Empire". L'ancien "Consul de France" se fit alors couronné "Empereur" sous le nom de "Napoléon Ier". Il fut décidé que l'île de La Réunion ne pouvait pas garder un nom "républicain". Et à l'image de son ancien nom faisant référence à la dynastie royale, l'île fut alors rebaptisée "Île Bonaparte" (en référence à la dynastie impériale en place).
1810 - 1848
Île Bourbon — Les activités belliqueuses et conquérantes de Napoléon Ier en Europe entraînèrent une succession de guerres entre "l'Empire français" et un certain nombre de puissances monarchiques voisines, dont le Royaume-Uni. Ce sont les "guerres napoléonniennes". C'est dans ce contexte que le Royaume-Uni mit la main en 1810 sur les trois îles des Mascareignes qui étaient toutes les trois colonies françaises. Le temps de prendre des décisions définitives concernant ces îles passées sous occupation britannique, la couronne anglaise leur conféra le statut de "colonies françaises sous administration britannique". Ne tolérant pas le nom "Bonaparte" donné précédemment à ce qui deviendra La Réunion, l'administration coloniale britannique prit sur elle de réinstaurer le nom qui était le sien sous la monarchie française : "Bourbon". Après la défaite française, la France dut accepter les conditions de ses vainqueurs et restaurer le régime monarchique d'avant la révolution, le roi Louis XVIII (de BOURBON) placé naturellement sur le trône. La nouvelle monarchie demanda au Royaume-Uni de lui rétrocéder les îles Mascareignes. Mais les Britanniques considéraient l'archipel comme un atout d'escale sur la route des Indes. Elle décida de se garder "l'île de France" (rebpatisée "Maurice") et l'île "Rodrigues". L'île Bourbon fut la seule qui redevint une colonie française, et la monarchie confirma naturellement le retour de son nom officiel d'origine.
Depuis 1848
Île de La Réunion — En 1848, la monarchie française, restaurée et même réformée, dut faire face à une autre révolution qui la destitua définitivement. La "Deuxième République" fut alors proclamée. "L'île Bourbon" portait alors le même nom à consonnance mornarchique que le régime républicain ne pouvait pas tolérer. Aussi, elle lui redonna le nom qu'on lui avait attribué en 1794 : "L'île de La Réunion". En 1851, le Président de la République en place, Louis-Napoléon BONAPARTE (neveu de Napoléon Ier) fit lui aussi un coup d'État, mettant fin à la "Deuxième République", proclamant de nouveau "l'Empire" en 1852 et se faisant couronné "Empereur des Français" sous le nom de "Napoléon III". Cependant, voulant inscrire dans les consciences l'idée que son "Second Empire" était un fruit assumé des révolutions françaises, le nom de l'île de La Réunion ne fut pas modifié. Et lorsque qu'en 1870 ce régime s'effondra suite à la défaite française dans une guerre contre la Prusse (devenant par union avec d'autres pays germaniques "l'Allemagne"), la "Troisième République" fut proclamée et le régime républicain maintenu jusqu'à nos jours. Le nom de La Réunion sonnant déjà "républicain", il ne subit encore aucune autre modification.

L'île avait donc enfin reçu en 1848 son nom définitif. Un nom qui, au 20ème siècle, convenait parfaitement aux Réunionnais, puisqu'au-delà de son origine historique, il portait dans son éthymologie un sens qui résonnait à présent en phase avec ce qu'était devenue, entre temps, La Réunion. Car avec son brassage ethnique, culturel, religieux, mêlant en un seul peuple et dans une culture commune un peu d'Europe, un peu d'Afrique et un peu d'Asie, son nom rappelle immédiatement à l'oreille que son territoire est une "réunion" de ces trois continents.


En anglais (langue diplomatique internationale), "Île de La Réunion" se dit "Reunion Island"

"L'ÎLE INTENSE" : "L'Île de La Réunion Tourisme" (IRT) était un organisme officiel chargé de la promotion touristique de La Réunion en France hexagonnale et à l'internationale (aujourd'hui fusionné avec un autre organisme au sein du "Comité Réunionnais du Tourisme / CRT"). C'est cet organisme qui avait adopé en 2016 le slogan "L'île intense" pour désigner La Réunion dans ses campagnes de communications. Le slogan tombant si juste pour désigner l'île, il fut repris indépendemment autant par les locaux que les touristes pour la qualifier. C'est devenu rapidement le surnom courant désormais attribué à La Réunion.

CLIMAT : UNE ÎLE, DE NOMBREUX VISAGES

De par sa position géographique, le climat réunionnais est classé tropical humide, mais cette définition générale ne suffit pas à décrire la réalité locale. Le relief très élevé, l'exposition aux "alizés" (vent permanant qui souflle des antioxydants subtropicaux vers l'équateur du nord-est vers le sud-ouest) et l'altitude créent des contrastes très marqués sur de faibles distances. La façade au vent, principalement à l'est, reçoit beaucoup plus d'humidité et de précipitations ; la façade sous le vent, à l'ouest, est globalement plus sèche et plus ensoleillée.

Les températures diminuent fortement avec l'altitude : le climat plus ou moins chaud du littoral n'est donc pas celui des Hauts. Les cirques, les remparts, les plaines d'altitude et les pentes du volcan ont eux aussi leurs propres régimes de nuages, de pluie, de vent et de température. On parle couramment de microclimats réunionnais : à quelques dizaines de kilomètres de distance, voire moins, les conditions peuvent être très différentes au même moment.

À retenir : « tropical » ne signifie pas « même météo partout ». À La Réunion, l'altitude et le relief peuvent faire passer rapidement d'un littoral chaud et sec à des Hauts frais et humides, ou d'un versant ensoleillé à un versant sous les averses.

STATUT FRANÇAIS ET EUROPÉEN

La Réunion est un département et une région d'outre-mer (DROM). Elle appartient donc à la République française et relève, dans son organisation actuelle, du cadre des départements et régions d'outre-mer. Elle dispose d'un Conseil départemental et d'un Conseil régional.

Elle est également une région ultrapériphérique (RUP) de l'Union européenne. Une RUP fait partie intégrante de l'Union : le droit et les politiques européennes y sont applicables. Toutefois, l'article 349 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne permet l'adoption de mesures spécifiques tenant compte de contraintes durables telles que l'éloignement, l'insularité, la faible superficie, le relief, le climat ou certaines dépendances économiques. Autrement dit : La Réunion est bien « dans l'Union européenne », mais sa situation ultramarine peut justifier des adaptations particulières.

REPÈRES HISTORIQUES

Avant le peuplement permanent — une île inhabitée

Avant l'arrivée durable des Européens, l'île ne possède pas de population permanente connue. Elle est repérée et fréquentée par des navigateurs de l'océan Indien et apparaît sous plusieurs noms dans les récits et sur les cartes. Les Français en prennent possession au 17ème siècle. En 1649, elle reçoit officiellement le nom d'île Bourbon. Après plusieurs tentatives ou présences temporaires, le peuplement permanent s'amorce dans les années 1660 ; l'arrivée d'Étienne Regnault avec des colons en 1665 marque une étape décisive de l'installation française.

17ème - 18ème siècles — Bourbon, colonie de l'océan Indien

L'île se développe sous l'autorité française. La Compagnie françaises des Indes orienales joue un rôle majeur dans son administration et son économie jusqu'à la rétrocession effective à la Couronne en 1767. À partir du début du 18ème siècle, la culture du café se développe fortement. Cette économie de plantation repose sur le système esclavagiste d'époque : des personnes sont déportées principalement depuis Madagascar et l'Afrique orientale. La population de Bourbon augmente et la société coloniale se structure.

1793 - 1815 — Révolution, Empire et occupation britannique

Pendant la Révolution française, le décret du 19 mars 1793 remplace le nom Bourbon par celui de La Réunion, changement dont l'Assemblée coloniale prend acte en février 1794. Sous le Premier Empire, l'île devient île Bonaparte en 1806. Les Britanniques s'en emparent en 1810 et rétablissent le nom d'île Bourbon. Le traité de Paris de 1814 prévoit sa restitution à la France, effective dans le contexte de la fin des guerres napoléoniennes, tandis que l'île de France — l'actuelle Maurice — et l'île Rodrigues restent britanniques.

1815 - 1848 — Le sucre, la vanille et la société esclavagiste

Au 19ème siècle, la canne à sucre prend une place centrale et supplante progressivement le café dans de nombreuses zones. L'économie sucrière transforme les paysages et renforce le système de plantation. En 1841, le jeune esclave Edmond Albius met au point à Bourbon un procédé simple et efficace de fécondation manuelle de la vanille, découverte décisive pour son développement commercial.

1848 — Abolition de l'esclavage

Le décret français d'abolition est adopté à Paris le 27 avril 1848. À La Réunion, le commissaire de la République Sarda-Garriga promulgue le décret en octobre ; l'abolition est proclamée et devient effective le 20 décembre 1848. Plus de 62 000 personnes réduites en esclavage accèdent alors à la liberté. La même année, l'île reprend définitivement le nom de La Réunion. Le 20 décembre est aujourd'hui une date majeure de la mémoire réunionnaise.

Deuxième moitié du 19ème siècle — Engagisme et nouvelles migrations

Après l'abolition, les propriétaires recherchent une nouvelle main-d'œuvre pour les plantations. Le système de l'engagisme, fondé sur des contrats de travail, entraîne l'arrivée de nombreux travailleurs, en particulier depuis l'Inde, mais également depuis la Chine, l'Indochine, Madagascar et l'Afrique occidentale. Ces migrations, auxquelles s'ajoutent celles d'autres populations au fil du temps, participent profondément à la formation culturelle et sociale de La Réunion contemporaine.

Fin 19ème - première moitié du 20ème siècle — Une colonie en transformation

La société réunionnaise connaît des mutations politiques, économiques et sociales, mais reste confrontée à la pauvreté, à l'isolement et à de fortes inégalités. À partir de 1895, la colonisation française de Madagascar modifie aussi l'équilibre régional et contribue à reléguer La Réunion au second plan dans la stratégie française de l'océan Indien. Patriotiques pour leur Métropole, la Réunion a sacrifié de nombreux combattants dans l'armée française, de 1914 à 1918 pour contribuer à la victoire du pays dans le contexte de la Première Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, coupée de l'Europe, l'île demeure en 1940 sous l'autorité d'un Gouverneur reconnaissant le régime de Vichy. Conscient de cet état de fait, le Royaume-Uni procède a un blocus stricte des côtes réunionnaises. À la Réunion, une grande partie de la population informée au compte goutte des événements en Europe (une "résistance" locale) attend le ralliement à la France libre. En 1942, le général de Gaulle, chef de file de la "France libre" envoie le torpilleur "Léopard" depuis l'île Maurice pour libérer La Réunion de ses autorités collaborationnistes. Le 28 novembre 1942, le navirre mène un débarquement. Après ralliement des sympathisants et résistants locaux, la prise des autorités gouvernementales coloniales fut rapide, menant à la capitulation du Gouvernerur pro-Vichy Pierre AUBERT. Libéré et rallié à la "France libre", 1 300 Réunionnais se portent volontaires pour rejoindre les FFI et contribuer à la libération du territoire métropolitain.

1946 — La départementalisation

La loi du 19 mars 1946 transforme La Réunion (ainsi que la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane), de colonie en département français. La départementalisation ouvre une longue période de transformations : développement des services publics, progrès sanitaires, scolaires et sociaux, modernisation des infrastructures et rapprochement progressif des dispositifs nationaux.

De la régionalisation à La Réunion contemporaine

Les lois de décentralisation du début des années 1980 conduisent à la mise en place de la Région Réunion, distincte du Département. Aujourd'hui, La Réunion, à la fois moderne et préservée, est à la fois région et département français, ainsi que région ultrapériphérique de l'Union européenne. Elle conserve une forte identité propre, façonnée par son histoire, son environnement volcanique, les circulations de l'océan Indien et les apports successifs de populations d'origines diverses.

NOTES

Note sur les dates : certaines étapes anciennes peuvent être datées différemment selon que l'on retient la décision prise en France, son enregistrement dans la colonie ou son usage effectif sur place.

Données de la page vérifiées au 24 septembre 2026.